Ouagadougou le 23 juillet 2025 ; le foncier pourrait bien devenir l’une des clés de la stratégie climatique du Burkina Faso. C’est du moins l’un des enseignements majeurs de l’atelier national tenu ce jeudi à Ouagadougou dans la salle de réunion du Haut-commissariat du Kadiogo. L’objectif de la rencontre est de valider le document d’orientation stratégique visant à intégrer la question foncière dans la prochaine Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0) principal outil de mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat.

Organisé par le Secrétariat Permanent du Conseil National pour le Développement Durable (SP/CNDD) en collaboration avec la Plateforme nationale Multi Acteurs sur le Foncier (PMAF), cet atelier a réuni plus de 50 participants venus de divers horizons.
Un enjeu national prioritaire
Dans son allocution d’ouverture, le représentant du SP/CNDD a rappelé que le Burkina Faso est un pays sahélien à forte croissance démographique qui fait face à une combinaison de pressions de dégradation des terres, d’insécurité, d’urbanisation rapide et de vulnérabilité accrue des communautés rurales. « La gouvernance foncière est aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour la résilience des populations et l’atteinte des Objectifs de Développement Durable », a-t-il souligné.
Cette prise de conscience s’inscrit dans le processus de révision des engagements climatiques du pays amorcé dans le cadre de l’Accord de Paris ratifié en 2016. Le Burkina Faso en est aujourd’hui à la phase préparatoire de la CDN 3.0 pour la période post-2025. C’est dans cette dynamique qu’un document d’orientation fondé sur des consultations régionales inclusives a été élaboré afin de renforcer la prise en compte du foncier dans les futures politiques climatiques.
Un processus participatif et inclusif
Les travaux ont permis aux participants d’examiner, d’amender puis de valider ce document de référence qui pose les bases d’une meilleure articulation entre les enjeux fonciers et climatiques. Selon la PMAF qui a porté l’étude avec le soutien de partenaires comme l’ILC, l’UNCC, le PNUD ou encore Tree Aid, le foncier reste le premier capital productif des populations rurales. Pourtant il est souvent absent des documents stratégiques en matière de climat.
« L’objectif, c’est que la prochaine CDN ne laisse personne de côté », a indiqué un membre de la société civile présent à l’atelier. « Les producteurs, les éleveurs, les femmes et les jeunes doivent voir leurs réalités traduites dans les politiques climatiques nationales. »
Des résultats concrets attendus
À l’issue de la journée les participants ont validé le document tout en formulant plusieurs recommandations pour sa mise en œuvre. Parmi celles-ci on note l’amélioration de la sécurisation des droits fonciers, la reconnaissance des pratiques coutumières, et une meilleure synergie entre les politiques agricoles, environnementales et foncières.
Le document validé servira désormais de base pour l’élaboration technique de la CDN 3.0 que le Burkina Faso doit soumettre à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) dans les mois à venir.
Un pas de plus vers la justice climatique
En plaçant le foncier au cœur de ses ambitions climatiques, le Burkina Faso envoie un signal fort pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. S’adapter au dérèglement climatique exige aussi de repenser la gestion de la terre.
Ce que nous faisons ici, c’est de bâtir une CDN qui soit fidèle à nos réalités, a résumé le SP/CNDD. Et dans notre réalité, le foncier n’est pas une option, c’est une condition.

Kaboré W Aimée


